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Je suis adulte

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tous, autour de la table. Le cadre est chaleureux, un feu brûle dans la cheminée du restaurant.

Tous. Toute la famille, celle dans laquelle je suis née, où j’ai grandit. Mes parents mes frères et soeurs. Sans conjoints ni enfants.

L’heure n’est pas grave. On rit, on est heureux de se retrouver, comme avant. Avant quoi? Avant! Les repas autour de la table familiale, dans la cuisine, lui de débats animés, de retrouvailles, de partage. Après une journée de travail, de lycée, de collègue, d’école. Avant, que mon frère ne quitte la maison, pour ses études. Après il y a eu les week-end, puis seulement les fêtes ensemble.

Il est si naturel de se retrouver. C’est un moment important, pourtant. On parle d’avenir. Et quand on est adulte, avec ses parents, l’avenir porte le nom d’héritage. Nous sommes une famille unie. Nos parents sont prévoyants. Qui veut quoi? Sui a besoin de quoi? Et pour ça, que fait-on? Accords, questions, consensus.

Je me dis que nous avons de la chance d’être si soudés, si solidaires.

On rit, mais l’heure à un arrière-goût, une légère pointe de tristesse. Il faut être réaliste, c’est d’une fin, d’un changement inévitable dont on parle. On est là, ensemble, avant que tout ne change.

Je sais aujourd’hui, plus encore, que mon enfance se teinte de nostalgie définitive… le temps nous a rattrapé.

Aujourd »hui, seulement, je sais que je suis devenue une adulte.

aller vers la lumière, critique littéraire

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Voilà, voilà…

je suis arrivée à la fin, j’ai lu tout le bouquin prêté à la Bibliothèque volante des Vendredis Intellos par les édition L’Instant Présent « La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines » d’Olivier Maurel.

Non qu’il soit difficile à lire. Son style est clair et plutôt didactique, malgré la présence de nombreux termes techniques liés à la psychanalyse et à la sociologie.

Non, je m’éparpille juste tous les jours entre mon rôle de maman, mon boulot, et diverses activités…M’accorder du temps pour lire, c’est grappiller quelques minutes par-ci et par-là, et une lecture suivie est parfois compliqué à obtenir!

Je vous livre donc ici ma critique non-scientifique de cet ouvrage. Je précise qu’il y a quelques semaines, un article a été publié par SupersParents pour les VI. C’est ICI.

Moi, je me sens vraiment attirée par une éducation pacifique des enfants. S’il est parfois difficile au quotidien de suivre la ligne, et que nous faisons des erreurs, j’essaie  de prendre du recul, de re-cadrer MON comportement, et offrir une enfance sereine à mon petit gars. Je suis convaincue qu’une éducation qui se construit dans la paix est pourvoyeuse de comportements pacifiques. Peut-être que l’ambiance de ma propre éducation y est pour quelque chose, puisque ni coups ni chantages affectifs n’étaient admis. Et d’ailleurs Olivier Maurel le précise page 83 « Où l’on voit que pour contester la violence éducative, il faut ne pas l’avoir subie« .

Thème sensible, je trouvais que l’angle scientifique était un bon moyen de l’aborder e ce Continent Ignoré qu’est la violence éducative. Olivier Maurel donne des exemples, des chiffres sur cette forme de violence. C’est parfois insoutenable. Mais l’essentiel de son livre nous invité à questionner les auteurs récents qui ont travailler sur les racines de la violence dans notre société. La violence éducative a-t-elle fait partie de ces études? Peu d’auteurs en parle ou évitent d’en parler. Pourquoi? Voilà le fond de ce livre.

Mais s’il est riche et étudie différentes disciplines des sciences humains, j’ai été interloquée par une faiblesse de l’analyse : Olivier affirme au fil des pages que OUI, la violence éducative est la principale cause des violences des individus adultes. « Ainsi, prendre en compte ce que vivent et ce que subissent les enfants de leur naissance à leur maturité, c’est adopter un point de vue privilégié pour comprendre le comportement des adultes. La violence éducative, par son intensité, par sa précocité et sa dureté, par la variété de ses effets sur des aspects multiples de la personnalité des enfants, contribue fortement à expliquer la plupart des aspects de la violence humaine, y compris dans ses pires déploiements, comme le nazisme. »

Or, il faudrait des études pour le prouver, et elles sont peu nombreuses… Dire que la violence éducative peut-être à l’origine de la violence des sociétés et des individus est une hypothèse. Donc, ce livre s’il explore les études sur la violence n’en n’est pas une. C’est plutôt un cri militant pour que cette forme de violence soit prise en compte dans les études, et que les scientifiques enlèvent les oeillères qui leur cache cette violence…

je retiens de ce livre surtout :

– la description du mécanisme d’enfermement généralisé des consciences faisant passer cette violence comme minime, mais aussi le processus de pacification de nos sociétés actuelles

-les exemples positifs et négatifs tirés des vies de grands hommes.

Ce livre est disponible dans la bibliothèque volante des VI, auprès de Clem notre bibliothécaire!

Vendredis Intellos

Comment faire le plus beau des anniversaires

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Je me souviens, il faisait chaud, et depuis à la même époque il fait toujours très chaud… Je me souviens de tous les détails de cette journée si particulière, qui parfois me fait nouer la gorge, monter des larmes. Mais j’ai déjà tout dit sur ce jour là. Maintenant, chaque année on le fête avec bonheur et joie. Trois ans que mon petit mec a vu le jour.

Alors, cette année pour ses trois ans, j’ai décidé d’en faire un événement particulier, heureux, coloré.

J’avais opté pour un gâteau arc-en-ciel. Mais le jour J s’approchant, je me suis résignée devant le travail pour fabriqué ce gâteau facile et surtout devant sa taille : jamais nous ne pourrions le manger en entier à 10… avec 40° à l’ombre!

Quelques mois avant, j’avais croisé une affiche pour un festival à proximité de Bordeaux : arts de la rue et pyrotechnie, le tout gratuit le week-end de son anniversaire. Une fois n’est pas coutume, il se coucherai tard avec l’approbation de ses parents!

 

Il faut quand même une bonne dose de patience pour convaincre tous les grands-parents d’être présents ce week-end là, en plein mois d’aout : les uns arrivant de l’autre côté de la France, et voyageant sans clim’, les autres ne rêvant que de réintégrer leur mobil-home de la côte landaise (heureusement, ce dernier était loué encore pour une semaine!).

 

Il faut aussi une bonne dose de diplomatie pour que les cadeaux soient bien choisis en cohérence et dans la mesure…

 

Et une bonne dose aussi d’imagination pour transformer le petit jardin fou-fou de ma soeur, en garden party de birthday acceptable.

 

Mais je crois avoir un peu de toutes ces qualités pour que ces trois ans soient mémorables. C’est à partir de cet âge que les souvenirs restent gravés…

 

Bref, Jo a écarquillé les yeux devant la Mante Religieuse géante de la Cie Malabar. Si les échassiers et trapézistes n’ont pas retenu son attention (il avait peur qu’ils tombent!), le feu d’artifice, il l’a regardé les yeux grands grands ouverts, avec les mains de son papa et ses petites mains collées à ses oreilles. Le bruit lui a fait peur, mais il n’a pas pleuré et n’a pas perdu une miette du spectacle des fleurs de feu!

 

Il était impatient de voir son gâteau et de souffler avec sa Tati-Chou ses bougies.

Ce gâteau, nous l’avons fabriqué ensemble : il le voulait avec du chocolat et de la confiture à la myrtille. Et moi, je lui ai décoré comme un arc-en-ciel : recouvert de chocolat et de smarties!

Mais ce qu’il a retenu de ce gouter-diner d’anniversaire (le gouter s’est transformé en sardinade!) c’est surtout la petite piscine installée par sa Tata Ninou : le plus beau des cadeaux selon lui,auen ce jour de canicule!

 

Et la liste de ses cadeaux était plutôt satisfaisante : un théâtre de marionnettes, des marionnettes, un tapis-circuit avec des petites voitures et une moto, un tracteur légo avec une boîte complémentaire… Les deux papis ont été inspirés : ils lui ont offert chacun un joli objet en bois, sans ce concerté : une petite moto de Madagascar et une petite guitare africaine (Kora)…

 

mais qu’il est parfois frustrant de fêter son anniversaire en plein été : tous les copains de son âge étaient en vacances , sauf un! alors je n’ai pas organisé de goûter d’enfants… je me demande si je ne vais pas y réfléchir pour le mois de septembre… à suivre!

Trouver sa trajectoire d’adulte

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J’avais promis un article à Phypa présentant Dolto, comme figure féminine majeure. Et assurément elle l’est. Mais les événements personnels de ces derniers jours m’ont permis de focaliser sur une phrase résumant une partie de sa pensée, et qui fait écho en moi.

«Si des parents renoncent à leur propre trajectoire pour consacrer leur vie à leur enfant, ils l’encombrent. Au lieu de lui dégager la voie» (tirée d’un article de 20 minutes paru pour le centenaire de la naissance de Françoise Dolto)

 

Je m’apprête à retrouver le chemin du travail, comme je l’ai évoqué ici. Si cet emploi temporaire ne me transcende pas, il est le motif d’un autre épanouissement personnel. Je ne regrette absolument pas de m’être investie auprès de mon bout de chou pendant ces deux années et demi, mais je n’ai pas la vocation à rester à la maison et à consacrer ma vie à organiser celle de mes enfants. J’ai souvent eu l’impression en devenant maman, que mon sort de personne à part entière, que mon avenir était déjà derrière moi, et que je passais le relais à ce petit bonhomme, nouvelle génération, espoir d’un autre monde. Pourtant, j’ai encore au fond de mon coeur, de ma tête l’impériale nécessité d’aller encore plus loin dans la réalisation de mes ambitions et de mes rêves.

Et finalement la vie se charge de me remettre sur les rails!

Ma mère travaillait et rentrait souvent du travail en toute fin d’après midi. Nous l’attendions, avec l’impatience de l’enfance, parfois l’angoisse qu’elle tarde. Mais jamais je ne lui en ai voulu d’être une femme formidablement investie dans son travail. Jamais je n’ai douté de son amour pour nous. Et elle est pour moi, et restera toujours un modèle féminin majeur, me poussant à envisager la vie avec des enfant ET un travail, et que les deux ne pouvaient se nuire. Elle m’ouvrait la voie du rêve d’une vie adulte riche.

Je ne ressens aucune culpabilité à repartir travailler, et à nouveau réinvestir ma vie professionnelle. Parce que je sais que j’ai fait mon travail de sécurisation affective auprès de mon bébé, et que maintenant, mon grand bonhomme peut vivre sa journée sans moi, tout en sachant que je l’aime et jamais je ne l’oublie, mais que je vis ma vis autant qu’il vit la sienne.

Je le libère, et j’aime ça.

Contribution express et perso pour les Vendredis Intellos.

 

Désordres, bazars et autres fouillis

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« Apprendre c’est mettre de l’ordre dans le désordre… mais pour mettre de l’ordre,il faut du désordre« 

Jolie pensée tirée du fameux bouquin d’Isabelle Filliozat « J’ai tout essayé« . Je vous présente la Famille Fouillis!

Album rafraîchissant, qui me parle!

La maison de mes parents ressemblait (et ressemble toujours peu ou prou) à celle de la Famille Fouillis, appellée par nos copain « la maison du bonheur ». Et c’est vrai qu’on y a été heureux. Chez mon père et ma mère, le bazar n’est pas un mot tabou : c’est un art de vivre, certes des plus incongrus… J’ai grandi avec mon frère et mes deux soeur dans ce monde chaleureux et insouciant où régnait de la loi de l’encombrement maximum.

J’ai beaucoup changé, surtout pour des raisons sociales : j’ai habité en colocation; il fallait bien que je me mette à astiquer, récurer, aspirer, laver, frotter, Et que ça brille!

Je reste cependant une bordélique qui range et qui fait des efforts quotidiens pour ne pas me laisser envahir par le chaos (faut dire, mon mec est aussi un accumulateur). Un vrai travail sur soi, une remise en question quotidienne, et le résultat est ce qu’il est, un appart vivant, mais où les objets ont une place.

je m’éloigne de l’enfance? Je vous saoule avec mes problèmes ménagers? NAN, restez lire la suite…

Mon expérience personnelle (et journalière) me pousse à envisager d’apprendre l’art du rangement à mon bouchon de 30 mois. Je ne suis pas, vous l’imaginez bien, une Ayatollah de l’intérieur design et épuré, mais j’invite comme le propose Isabelle (je l’appelle par son prénom maintenant) à « apprentissage progressif suivant les âges  » :

J'ai tout essayé

Elle précise  » Des études ont montré que les désordonné(e)s avaient quelques points de QI de plus que les autres! Sont-ils/elles devenus plus intelligent(e)s parce que désordonnées ou l’inverse? Toujours est-il que la corrélation est bien là et peu aider les parents à destresser. Avantage à la complexité! En effet les objets éparpillés fournissent des stimulations visuelles, le cerveau opère des liens pendant que le regard va de l’un à l’autre… les voit dessus, dessous, devant, derrière… » L’argument du QI… mais bon s’il peut faire lever le pied de certains parents avident d’ordre, pourquoi pas. Je trouve que l’intelligence sortie du CHAOS est un sujet philosophique interessant… Alors entre la famille fouillis et la photo de catalogue Habitat, je crois qu’il faut laisser aussi la vie s’installer dans nos salons… ici, naît la créativité.. Voilà mon article le plus fouillis pour les Vendredis Intellos!

 

title= »Vendredis Intellos » href= »http://lesvendredisintellos.wordpress.com »>

 

Les VI vont-ils conquérir le monde?

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Je voulais faire ici un clin d’oeil au travail de Mme Déjantée et toutes les « neuroneuses » (au féminin… sauf ceux de Guests, les articles sont à 99% produits par des nanas) des Vendredis Intellos.

Pourquoi je participe à cette aventure? J’aime le concept de participer à ma hauteur à faire circuler, connaître l’information sur l’éducation, l’enfance, le rôle de parent(s), et notre place de femme dans la société. Plus qu’un simple forum où l’on s’étriperait sur « pour ou contre » tel ou tel pratique ou phénomène, Les Vendredis Intellos, c’est de la matière cérébrale, de fonds, de la réflexion et du partage. S’il est clair qu’un état d’esprit « politiquement non-violent » règne, je le trouve positif et n’excluant ni le débat ni la controverse. Peut-être est-ce du au talent brillant de Mme Déjantée, qui sait re-cadrer, modérer et ouvrir intelligemment la parole autour des thèmes abordés.
Moi, j’aime beaucoup écrire parce que je m’y sens libre d’exprimer mon avis, mes questions, et que chacun de mes articles est un appel à en savoir plus.

Heureusement,  je lis les contributions et elles m’apportent beaucoup  : de la réflexion, de l’émotion… J’ai aussi découvert le monde merveilleux de la blogosphère!

Les Vendredis Intellos, c’est de la mise en abîme des blogs de toute une chacune, un lieu de ralliement, d’échange, de rencontre, qui s’auto-alimamente.
Prenez l’apparence du blog collectif, ben avant c’était comme dans la pub, pas terrible. Et grâce au travail de Mère Courage, c’est maintenant le top, très sympa (un peu vert à mon goût, mais j’aime bien le vert quand même), ça donne une belle idée du contenu. Merci à Mère Courage d’avoir si bien saisi l’esprit des Vendredis Intellos! Je vous invite à aller voir son propre blog).

A Vendredi!

Une musique d’avant la musique

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(image du site http://www.franciscorpataux.com)
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Som Som

véni véni véni véni

som som

véni véni Donne »

Ce sont les paroles orales d’une berceuse en occitan que chantait ma grand-mère paternelle, pourtant née dans un petit village en Algérie.

Cette berceuse est un souvenir de mon enfance, de ma grand-mère. La dernière fois qu’elle me l’a chanté, c’était à ma demande. Je venais de participer à un spectacle en plein-air à Montaillou (dans l’Aude) sur les Cathares. Une comédienne, représentant une villageoise du XIIème siècle, chantait cette berceuse à son enfant. Hors d’âge ce chant doux et enveloppant, m’avait été transmis, vivant, par ma famille, malgré les vicissitudes des exodes, des migrations humaines.

Elle m’a touché, moi, miss patrimoine, me révélant que l’histoire de ma famille avait des racines médiévales, occitanes bien identifiées.

J’ai au coeur de chanter cette berceuse à mon fils, même si je n’en connais que le refrain et la mélodie. J’ai essayé de la retrouvé sur le net, mais les versions disponibles sont très différentes. (la version la plus proche est celle- là)

J’ai voulu vous faire partager cette histoire à la suite de la lecture d’un encart du magazine Causette « Berceuses sans frontières »  :

« Toutes les mères du monde chantent pour calmer leur enfant. Là aussi, (référence à l’article « la Mélodie des bébés »  sur le langage  » mamanais » c’est à dire la façon dont on s’adresse aux bébés) il y a des constantes. C’est ce qu’a démontrer l’ethnomusicologue québécois Francis Corpataux. Il passe son temps à enregistrer et à étudier les berceuses du monde entier. De la Chine à l’Afrique ou la Mongolie, les pratiques musicales sont d’une extrême diversité. Et, pourtant, les berceuses ont toutes un air de famille. C’est la musique d’avant la musique, qui s’enracine dans un patrimoine commun à toute l’humanité. On peut découvrir une partie des enregistrements de Francis Corpataux au musée du Quai Branly. » http://www.quaibranly.fr

Ceci expliquerait que les disques de berceuses du monde aient un tel succès?

Et vous avez-vous des berceuses familiales, des chansons qui enracinent votre famille dans son/ses héritage(s) culturel(s) inestimable(s)?

Ceci est ma participation en chanson aux Vendredis Intellos.