Archives de Catégorie: éducation

Nous ne sommes rien… spéciale dédicace à mon frangin

Par défaut

Ca fait un long moment que la plume ne m’a pas chatouillée comme ça. La vie, le travail, les amis sont passés par là et mon blog a été relégué à plus tard, toujours pus tard… même mes participations aux Vendredis Intellos ont été remisées, sauf quelques débriefs par-ci, par-là.

Mais ce soir, j’ai lu deux articles qui me touchent.

Mon frère m’a jeté à la figure, en se marrant, un mot, une phrase qui résonnent comme l’écho d’un gong. Ca vibre, ça me fissure.

Il m’a dit « Tu es psychorigide. Tu sais Arno (le chanteur) dit qu’ « on perd moins de temps à être soi-même qu’a vouloir être quelqu’un d’autre. »

Je n’ai pas vérifié la citation. Je sais pourtant pertinemment pourquoi il me sermonne. Il veut que je lâche prise, que je me prenne moins la tête avec mon chez-nous, avec mon boulot, mon poids… il aspire, pour moi, que je me connecte avec ce qui me constitue, avec la glaise et les mains qui nous ont pétri et façonné. L’art (et le bazar, comme j’en ai parlé ici).

Pourtant, oh oui, pourtant! je suis, et reste, en mouvement!  Je danse, et c’est ma meilleure façon de m’exprimer, avec ce corps qui pourtant, au quotidien, me gène, me complexe et parfois me  handicape. Je reste connectée à mes sensations, à mes convictions, et j’essaie de m’améliorer, pour être moi-même, mais en mieux.

Alors, oui, je ne suis plus aussi bordélique que par le passé ; alors oui, j’ai pas le job de mes rêves (qui l’a?), je l’ai eu pendant 8 ans, mais dans quelles conditions? ; alors oui, je ne ressemble plus autant aux autres membres de ma tribu-famille, mais je ne me suis pas trahi.

Avec tout le temps que je passe à être ce que je suis, je n’ai pas de temps à perdre à être une autre.

J’ai envi de travailler à lâcher prise avec mes sentiments négatifs, pour qu’ils soient le terreau de mon enthousiasme positif et non-violent. Pas facile tous les jours.

j’ai surtout envie qu’on me foute la paix avec des considérations sur moi que je n’ai pas demandé. Parce que, mon grand frère chéri, je pourrais aussi t’en balancer des citations qui te feront chavirer, car toi, as-tu connu le naufrage qui te fais mieux aimer la mer? (nicola Bouvier : Le voyage ne vous apprendra rien si vous ne lui laissez pas aussi le droit de vous détruire. C’est une règle vieille comme le monde. Un voyage est comme un naufrage, et ceux dont le bateau n’a pas coulé ne sauront jamais rien de la mer.)

J’ai mon crédo, celui que je me répétais en poussant (poussez, madame, poussez!) « Nous ne sommes rien, soyons tout. »

SHALALA

Publicités

aller vers la lumière, critique littéraire

Par défaut

Voilà, voilà…

je suis arrivée à la fin, j’ai lu tout le bouquin prêté à la Bibliothèque volante des Vendredis Intellos par les édition L’Instant Présent « La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines » d’Olivier Maurel.

Non qu’il soit difficile à lire. Son style est clair et plutôt didactique, malgré la présence de nombreux termes techniques liés à la psychanalyse et à la sociologie.

Non, je m’éparpille juste tous les jours entre mon rôle de maman, mon boulot, et diverses activités…M’accorder du temps pour lire, c’est grappiller quelques minutes par-ci et par-là, et une lecture suivie est parfois compliqué à obtenir!

Je vous livre donc ici ma critique non-scientifique de cet ouvrage. Je précise qu’il y a quelques semaines, un article a été publié par SupersParents pour les VI. C’est ICI.

Moi, je me sens vraiment attirée par une éducation pacifique des enfants. S’il est parfois difficile au quotidien de suivre la ligne, et que nous faisons des erreurs, j’essaie  de prendre du recul, de re-cadrer MON comportement, et offrir une enfance sereine à mon petit gars. Je suis convaincue qu’une éducation qui se construit dans la paix est pourvoyeuse de comportements pacifiques. Peut-être que l’ambiance de ma propre éducation y est pour quelque chose, puisque ni coups ni chantages affectifs n’étaient admis. Et d’ailleurs Olivier Maurel le précise page 83 « Où l’on voit que pour contester la violence éducative, il faut ne pas l’avoir subie« .

Thème sensible, je trouvais que l’angle scientifique était un bon moyen de l’aborder e ce Continent Ignoré qu’est la violence éducative. Olivier Maurel donne des exemples, des chiffres sur cette forme de violence. C’est parfois insoutenable. Mais l’essentiel de son livre nous invité à questionner les auteurs récents qui ont travailler sur les racines de la violence dans notre société. La violence éducative a-t-elle fait partie de ces études? Peu d’auteurs en parle ou évitent d’en parler. Pourquoi? Voilà le fond de ce livre.

Mais s’il est riche et étudie différentes disciplines des sciences humains, j’ai été interloquée par une faiblesse de l’analyse : Olivier affirme au fil des pages que OUI, la violence éducative est la principale cause des violences des individus adultes. « Ainsi, prendre en compte ce que vivent et ce que subissent les enfants de leur naissance à leur maturité, c’est adopter un point de vue privilégié pour comprendre le comportement des adultes. La violence éducative, par son intensité, par sa précocité et sa dureté, par la variété de ses effets sur des aspects multiples de la personnalité des enfants, contribue fortement à expliquer la plupart des aspects de la violence humaine, y compris dans ses pires déploiements, comme le nazisme. »

Or, il faudrait des études pour le prouver, et elles sont peu nombreuses… Dire que la violence éducative peut-être à l’origine de la violence des sociétés et des individus est une hypothèse. Donc, ce livre s’il explore les études sur la violence n’en n’est pas une. C’est plutôt un cri militant pour que cette forme de violence soit prise en compte dans les études, et que les scientifiques enlèvent les oeillères qui leur cache cette violence…

je retiens de ce livre surtout :

– la description du mécanisme d’enfermement généralisé des consciences faisant passer cette violence comme minime, mais aussi le processus de pacification de nos sociétés actuelles

-les exemples positifs et négatifs tirés des vies de grands hommes.

Ce livre est disponible dans la bibliothèque volante des VI, auprès de Clem notre bibliothécaire!

Vendredis Intellos

Les chansons de Pierre Perret

Par défaut
Les chansons de Pierre Perret

Le CD tourne en boucle dans la voiture, et je m’attarde sur les paroles de la chanson de Pierre Perret « Les enfants foutez leur la paix ». Je me marre. Elle me fait penser à tout ce que je lis, ce que je disserte pour les Vendredis Intellos, et à l’article de Kiki Le Front de Libération des Enfants. Je me dis que je ferais bien de cette chanson le thème de ma prochaine participation… et en écoutant encore et encore les autres chansons de Pierrot, celles pour et sur les enfants (pas les autres de ce vieux lubrique), j’ai opté pour une étude plus en profondeur de l’oeuvre enfantine de ce chansonnier cabotin.

Les chansons nominées sont : La cage aux oiseaux, Donnez nous des jardins,  Les enfants foutez leur la paix, La vaisselle à Maman…

Le maître mot de ces chansons : la liberté et l’insouciance respectée de l’enfance. Moi, ça me plait, ça me parle… mais dans ma tête de maman, je ne peux m’empêcher « Est-ce que je peux faire écouter ces chansons à mon enfant, sans qu’il ne le prenne au 1er degrés et se mette à faire toutes les bêtises imaginées par Pierre Perret?  »

Penchons-nous sur quelques morceaux choisis…

Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux
Regardez-les s’envoler c’est beau
Les enfants si vous voyez
Des p’tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte vers la liberté

Un p’tit dé à coudre
Et trois gouttes d’eau dedans
Au d’ssus du perchoir
Un os de seiche tout blanc
Et un petit piaf triste de vivre en prison
Ca met du soleil dans la maison
C’est c’que vous diront
Quelques rentiers vicelards
Des vieux schnocks
Qui n’ont qu’des trous d’air
Dans l’cigare
Une fois dans vot’vie
Vous qui êtes pas comme eux
Faites un truc qui vous rendra heureux

Oui, les animaux en cage, c’est pas terrible, mais un animal qui n’a pas grandit en liberté, si on lui ouvre les portes, saura-t-il se débrouiller pour se nourrir? Je pense que notre responsabilité d’adulte et d’humain c’est d’expliquer qu’un animal sera toujours plus heureux en liberté, et là où il est né, comme une fleur, un  arbre… Mais je préférerais toujours un animal domestique bien traité qu’un animal mal traité ou abandonné (ce n’est pas Dame Praline qui me contredira). J’imagine que l’oiseau en cage est le symbole des opprimés, des faibles et que cette chanson est un appel à la générosité, à la liberté, au respect de l’autre.

Dans « Donnez-nous des Jardins », le thème de la nature est toujours présent, en opposition avec la dureté de la ville et de la vie adulte… Contre l’extention urbaine, les grands ensembles… Pierre Perret offre un espace vivant pour le jeu, l’imaginaire, le bonheur de l’exploration… l’est-il pas un peu écolo le monsieur?

Et je trouve que « les enfants Foutez-leur la paix » c’est presque du Filliozat! Oui oui oui, certes, je l’a prends au 1er degrés, je n’y vois pas une seconde un clin d’oeil au laxisme parental… non, moi j’y vois comme une vraie déclaration d’amour à l’insouciance, une relativité des bêtises, et une véritable compréhension de la vie enfantine. Les parents souvent cherchent à tout contrôler, alors que lacher du lest permet aussi de voir la vie avec des yeux neufs.

Pour la Vaisselle Cassée, je me dis que chanter à tue-tête « vaisselle cassée, c’est la fessée, vaisselle foutue panpan-culcul » est un moyen de dédramatiser et de faire de ces paroles des prières vaudoux pour éloigner le mal, pour aussi remettre en cause ces méthodes.

En poursuivant ma réflexion, je me souviens que j’ai appris le Cancre de Prévert à l’école, est-ce que je suis devenue une cancre? non…

Alors, je relance le CD et je chante avec mon fils toutes les chansons de Pierre Perret, avec plaisir et enthousiasme…

Nouvelle petite contribution pour la rentrée des Vendredis Intellos

Histoires de pot

Par défaut

Question existentielle s’il en est, que se pose tout parent qui se respect, bien qu’il soit passé par là et que peu d’entre nous portent des couches culottes au de-là des 3 ans : « mon enfant sera-t-il propre un jour? ».

A mon avis, oui, il va imiter les grands, contrôler ses sphincters, et grandir. Je ne sais pas ce qui se cache derrière cette question pour qu’elle soit si importante!

La vrai question est « saura-t-il demander et rentrer dans le moule pour être accepter à l’école à la rentrée de petite section de maternelle en septembe? ». C’est une question de pression sociale… Et la directrice de l’école m’a répondu avec un sourire « Ils sont tous OK, il n’y a jamais de problèmes, parfois quelques accidents… »

Les marmots, l’école les motive… ça ne dure qu’un temps, autant en profiter…

Nous on nage dans cet océan incertain de la continence diurne et nocturne de notre petit bonhomme. C’est d’ailleurs l’échéance de l’école qui lui a mis le pied à l’étriller pour l’acquisition de ce qui est appelé communément « propreté ».

Avant, vers 18 mois, il s’y intéressait, mais il était trop occupé dans ses jeux pour y penser et la couche  le maintenait dans son statut confortable de bébé… Vers 2 ans, il demandait de temps à autre… mais ni l’équipe de la crèche ni ses parents n’avaient l’esprit disponible pour accompagner les nombreux accidents.

Petit à petit, pas à pas, l’école et ses nécessités, cette étape qui marque la fin de la toute petite enfance, a pointé le bout de son nez… accompagné des exemples de copines qui se mettaient au pot et des « grands »  du mercredi, mon petit gars a fait de son pot son meilleur ami.

Mais il n’est pas un jour où tout se passe bien sans que nos esprits de parents soient en eveil et disponibles à l’humide question. Etre à l’affût des signes précurseurs de l’envie de faire pipi ou caca et aux demandes incongrues de notre marmot, avoir l’oeil sur le chrono et sur l’absorption de liquide pour proposer une pause pipiroom au moment opportun… Etre l’accompagnant attentif à l’acquisition de cette phase délicate.

J’ai quand même le sentiment d’une certaine forme de conditionnement à l’extrême…

Et pour un petit mec, il y a un apprentissage bien spécifique, dont je ne me sens pas capable : lui apprendre à faire pipi debout… Tout un art! Même si gamine j’adorais pisser debout, c’est un art réservé à la moitié de l’humanité, et je pense que son père est le plus à même de lui expliquer la technique…

Pour finir, sur une anecdote : ma BM, soucieuse de l’acquisition des fondamentaux de son petit-fils, lui a promis un vélo quand il saura faire pipi-et-caca-au-pot… J’ai vite mis un terme à ce marchandage, car il m’apparaissait évident que l’étape école était le seul levier possible à la motivation de l’apprentissage de la propreté.

Mais comme dit le proverbe : pipiopo avant dodo évite le pipioli !

Tout s’efface pour laisser la place

Par défaut

La chaise haute est partie pour servir à sa (encore petite) cousine

La table à langer a été rendue à ses propriétaires,

La poussette a laissé sa place aux patins à roulettes, trottinette et tricycle

La boîte de lait de croissance est presque vide, c’est la dernière

Les derniers paquets de couches ne servent que pour la nuit et la sieste

TCHAO BAMBINO

                                 GOODBYE BABY

                                                               BONJOUR MON PETIT GARCON

Les quelques traces de ta toute petite enfance s’effacent, se diluent dans le temps qui passe…

En septembre, c’est ta première rentrée des classes.

« Là je trace le chemin des animaux de la forêt… »

Par défaut

J’étais occupée à lire des articles des VI sur l’ordinateur, je tournais le dos au salon. Ma mère, présente chez nous, lisait paisiblement sur le canapé, Eric était occupé dans la cuisine. Et Joachim dessinait à la craie sur un petit tableau depuis quelques minutes, tout en commentant son oeuvre en court de création. Je l’entendais, rien ne m’inquiétait… si ce n’est sa petite voix qui s’éloignait en chantonnant « Alors, c’est le chemin des animaux de la forêt ». Je me suis levée, intriguée.
Devant le spectacle exceptionnel et inimaginable qui s’offrait à moi, je ne savais pas si je devais rire ou bien gronder : J’ai retrouvé Joachim, concentré, au milieu d’un chemin tortueux tracé à la craie, qui partait du salon, traversait l’entrée et se prolongeait dans le couloir qui mène aux chambres…
Stupéfaction!
Son papa et moi l’avons soustrait à son occupation, et nous avons commencé de concert à lui expliquer ce qu’il venait de faire. Ma mère, amusée, en bonne professionnelle de l’enfance, m’a fait signe de laisser son papa se charger du recadrage. Je me suis doucement retiré du jeu, pour en devenir spectatrice.
Voilà un résumé de ce moment d’éducation positive « Joachim, je ne te dispute pas pour ce que tu as fait, parce que tu ne savais pas qu’on n’écrit pas par terre (et que c’est un très beau travail que tu as réalisé là). Maintenant je te le dis, tu le sais. Si tu recommences, il y aura sanction. Ce que je te propose, c’est de continué à tracer le chemin des animaux de la forêt sur le grand tableau à peinture, en te servant de ta petite chaise pour dessiner sur toute la surface. » Aussitôt dit, aussitôt fait. Il a passé encore 10 minutes sur la réalisation de son chemin, sans dépasser du tableau. C’était il y a une semaine. L’exploit n’a pas été réitéré, je pense que la leçon a été comprise… Quand mon mec se met à la CNV il est trop fort!

Trouver sa trajectoire d’adulte

Par défaut

J’avais promis un article à Phypa présentant Dolto, comme figure féminine majeure. Et assurément elle l’est. Mais les événements personnels de ces derniers jours m’ont permis de focaliser sur une phrase résumant une partie de sa pensée, et qui fait écho en moi.

«Si des parents renoncent à leur propre trajectoire pour consacrer leur vie à leur enfant, ils l’encombrent. Au lieu de lui dégager la voie» (tirée d’un article de 20 minutes paru pour le centenaire de la naissance de Françoise Dolto)

 

Je m’apprête à retrouver le chemin du travail, comme je l’ai évoqué ici. Si cet emploi temporaire ne me transcende pas, il est le motif d’un autre épanouissement personnel. Je ne regrette absolument pas de m’être investie auprès de mon bout de chou pendant ces deux années et demi, mais je n’ai pas la vocation à rester à la maison et à consacrer ma vie à organiser celle de mes enfants. J’ai souvent eu l’impression en devenant maman, que mon sort de personne à part entière, que mon avenir était déjà derrière moi, et que je passais le relais à ce petit bonhomme, nouvelle génération, espoir d’un autre monde. Pourtant, j’ai encore au fond de mon coeur, de ma tête l’impériale nécessité d’aller encore plus loin dans la réalisation de mes ambitions et de mes rêves.

Et finalement la vie se charge de me remettre sur les rails!

Ma mère travaillait et rentrait souvent du travail en toute fin d’après midi. Nous l’attendions, avec l’impatience de l’enfance, parfois l’angoisse qu’elle tarde. Mais jamais je ne lui en ai voulu d’être une femme formidablement investie dans son travail. Jamais je n’ai douté de son amour pour nous. Et elle est pour moi, et restera toujours un modèle féminin majeur, me poussant à envisager la vie avec des enfant ET un travail, et que les deux ne pouvaient se nuire. Elle m’ouvrait la voie du rêve d’une vie adulte riche.

Je ne ressens aucune culpabilité à repartir travailler, et à nouveau réinvestir ma vie professionnelle. Parce que je sais que j’ai fait mon travail de sécurisation affective auprès de mon bébé, et que maintenant, mon grand bonhomme peut vivre sa journée sans moi, tout en sachant que je l’aime et jamais je ne l’oublie, mais que je vis ma vis autant qu’il vit la sienne.

Je le libère, et j’aime ça.

Contribution express et perso pour les Vendredis Intellos.