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Comment faire le plus beau des anniversaires

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Je me souviens, il faisait chaud, et depuis à la même époque il fait toujours très chaud… Je me souviens de tous les détails de cette journée si particulière, qui parfois me fait nouer la gorge, monter des larmes. Mais j’ai déjà tout dit sur ce jour là. Maintenant, chaque année on le fête avec bonheur et joie. Trois ans que mon petit mec a vu le jour.

Alors, cette année pour ses trois ans, j’ai décidé d’en faire un événement particulier, heureux, coloré.

J’avais opté pour un gâteau arc-en-ciel. Mais le jour J s’approchant, je me suis résignée devant le travail pour fabriqué ce gâteau facile et surtout devant sa taille : jamais nous ne pourrions le manger en entier à 10… avec 40° à l’ombre!

Quelques mois avant, j’avais croisé une affiche pour un festival à proximité de Bordeaux : arts de la rue et pyrotechnie, le tout gratuit le week-end de son anniversaire. Une fois n’est pas coutume, il se coucherai tard avec l’approbation de ses parents!

 

Il faut quand même une bonne dose de patience pour convaincre tous les grands-parents d’être présents ce week-end là, en plein mois d’aout : les uns arrivant de l’autre côté de la France, et voyageant sans clim’, les autres ne rêvant que de réintégrer leur mobil-home de la côte landaise (heureusement, ce dernier était loué encore pour une semaine!).

 

Il faut aussi une bonne dose de diplomatie pour que les cadeaux soient bien choisis en cohérence et dans la mesure…

 

Et une bonne dose aussi d’imagination pour transformer le petit jardin fou-fou de ma soeur, en garden party de birthday acceptable.

 

Mais je crois avoir un peu de toutes ces qualités pour que ces trois ans soient mémorables. C’est à partir de cet âge que les souvenirs restent gravés…

 

Bref, Jo a écarquillé les yeux devant la Mante Religieuse géante de la Cie Malabar. Si les échassiers et trapézistes n’ont pas retenu son attention (il avait peur qu’ils tombent!), le feu d’artifice, il l’a regardé les yeux grands grands ouverts, avec les mains de son papa et ses petites mains collées à ses oreilles. Le bruit lui a fait peur, mais il n’a pas pleuré et n’a pas perdu une miette du spectacle des fleurs de feu!

 

Il était impatient de voir son gâteau et de souffler avec sa Tati-Chou ses bougies.

Ce gâteau, nous l’avons fabriqué ensemble : il le voulait avec du chocolat et de la confiture à la myrtille. Et moi, je lui ai décoré comme un arc-en-ciel : recouvert de chocolat et de smarties!

Mais ce qu’il a retenu de ce gouter-diner d’anniversaire (le gouter s’est transformé en sardinade!) c’est surtout la petite piscine installée par sa Tata Ninou : le plus beau des cadeaux selon lui,auen ce jour de canicule!

 

Et la liste de ses cadeaux était plutôt satisfaisante : un théâtre de marionnettes, des marionnettes, un tapis-circuit avec des petites voitures et une moto, un tracteur légo avec une boîte complémentaire… Les deux papis ont été inspirés : ils lui ont offert chacun un joli objet en bois, sans ce concerté : une petite moto de Madagascar et une petite guitare africaine (Kora)…

 

mais qu’il est parfois frustrant de fêter son anniversaire en plein été : tous les copains de son âge étaient en vacances , sauf un! alors je n’ai pas organisé de goûter d’enfants… je me demande si je ne vais pas y réfléchir pour le mois de septembre… à suivre!

Histoires de pot

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Question existentielle s’il en est, que se pose tout parent qui se respect, bien qu’il soit passé par là et que peu d’entre nous portent des couches culottes au de-là des 3 ans : « mon enfant sera-t-il propre un jour? ».

A mon avis, oui, il va imiter les grands, contrôler ses sphincters, et grandir. Je ne sais pas ce qui se cache derrière cette question pour qu’elle soit si importante!

La vrai question est « saura-t-il demander et rentrer dans le moule pour être accepter à l’école à la rentrée de petite section de maternelle en septembe? ». C’est une question de pression sociale… Et la directrice de l’école m’a répondu avec un sourire « Ils sont tous OK, il n’y a jamais de problèmes, parfois quelques accidents… »

Les marmots, l’école les motive… ça ne dure qu’un temps, autant en profiter…

Nous on nage dans cet océan incertain de la continence diurne et nocturne de notre petit bonhomme. C’est d’ailleurs l’échéance de l’école qui lui a mis le pied à l’étriller pour l’acquisition de ce qui est appelé communément « propreté ».

Avant, vers 18 mois, il s’y intéressait, mais il était trop occupé dans ses jeux pour y penser et la couche  le maintenait dans son statut confortable de bébé… Vers 2 ans, il demandait de temps à autre… mais ni l’équipe de la crèche ni ses parents n’avaient l’esprit disponible pour accompagner les nombreux accidents.

Petit à petit, pas à pas, l’école et ses nécessités, cette étape qui marque la fin de la toute petite enfance, a pointé le bout de son nez… accompagné des exemples de copines qui se mettaient au pot et des « grands »  du mercredi, mon petit gars a fait de son pot son meilleur ami.

Mais il n’est pas un jour où tout se passe bien sans que nos esprits de parents soient en eveil et disponibles à l’humide question. Etre à l’affût des signes précurseurs de l’envie de faire pipi ou caca et aux demandes incongrues de notre marmot, avoir l’oeil sur le chrono et sur l’absorption de liquide pour proposer une pause pipiroom au moment opportun… Etre l’accompagnant attentif à l’acquisition de cette phase délicate.

J’ai quand même le sentiment d’une certaine forme de conditionnement à l’extrême…

Et pour un petit mec, il y a un apprentissage bien spécifique, dont je ne me sens pas capable : lui apprendre à faire pipi debout… Tout un art! Même si gamine j’adorais pisser debout, c’est un art réservé à la moitié de l’humanité, et je pense que son père est le plus à même de lui expliquer la technique…

Pour finir, sur une anecdote : ma BM, soucieuse de l’acquisition des fondamentaux de son petit-fils, lui a promis un vélo quand il saura faire pipi-et-caca-au-pot… J’ai vite mis un terme à ce marchandage, car il m’apparaissait évident que l’étape école était le seul levier possible à la motivation de l’apprentissage de la propreté.

Mais comme dit le proverbe : pipiopo avant dodo évite le pipioli !

Tout s’efface pour laisser la place

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La chaise haute est partie pour servir à sa (encore petite) cousine

La table à langer a été rendue à ses propriétaires,

La poussette a laissé sa place aux patins à roulettes, trottinette et tricycle

La boîte de lait de croissance est presque vide, c’est la dernière

Les derniers paquets de couches ne servent que pour la nuit et la sieste

TCHAO BAMBINO

                                 GOODBYE BABY

                                                               BONJOUR MON PETIT GARCON

Les quelques traces de ta toute petite enfance s’effacent, se diluent dans le temps qui passe…

En septembre, c’est ta première rentrée des classes.

« Là je trace le chemin des animaux de la forêt… »

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J’étais occupée à lire des articles des VI sur l’ordinateur, je tournais le dos au salon. Ma mère, présente chez nous, lisait paisiblement sur le canapé, Eric était occupé dans la cuisine. Et Joachim dessinait à la craie sur un petit tableau depuis quelques minutes, tout en commentant son oeuvre en court de création. Je l’entendais, rien ne m’inquiétait… si ce n’est sa petite voix qui s’éloignait en chantonnant « Alors, c’est le chemin des animaux de la forêt ». Je me suis levée, intriguée.
Devant le spectacle exceptionnel et inimaginable qui s’offrait à moi, je ne savais pas si je devais rire ou bien gronder : J’ai retrouvé Joachim, concentré, au milieu d’un chemin tortueux tracé à la craie, qui partait du salon, traversait l’entrée et se prolongeait dans le couloir qui mène aux chambres…
Stupéfaction!
Son papa et moi l’avons soustrait à son occupation, et nous avons commencé de concert à lui expliquer ce qu’il venait de faire. Ma mère, amusée, en bonne professionnelle de l’enfance, m’a fait signe de laisser son papa se charger du recadrage. Je me suis doucement retiré du jeu, pour en devenir spectatrice.
Voilà un résumé de ce moment d’éducation positive « Joachim, je ne te dispute pas pour ce que tu as fait, parce que tu ne savais pas qu’on n’écrit pas par terre (et que c’est un très beau travail que tu as réalisé là). Maintenant je te le dis, tu le sais. Si tu recommences, il y aura sanction. Ce que je te propose, c’est de continué à tracer le chemin des animaux de la forêt sur le grand tableau à peinture, en te servant de ta petite chaise pour dessiner sur toute la surface. » Aussitôt dit, aussitôt fait. Il a passé encore 10 minutes sur la réalisation de son chemin, sans dépasser du tableau. C’était il y a une semaine. L’exploit n’a pas été réitéré, je pense que la leçon a été comprise… Quand mon mec se met à la CNV il est trop fort!

Trouver sa trajectoire d’adulte

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J’avais promis un article à Phypa présentant Dolto, comme figure féminine majeure. Et assurément elle l’est. Mais les événements personnels de ces derniers jours m’ont permis de focaliser sur une phrase résumant une partie de sa pensée, et qui fait écho en moi.

«Si des parents renoncent à leur propre trajectoire pour consacrer leur vie à leur enfant, ils l’encombrent. Au lieu de lui dégager la voie» (tirée d’un article de 20 minutes paru pour le centenaire de la naissance de Françoise Dolto)

 

Je m’apprête à retrouver le chemin du travail, comme je l’ai évoqué ici. Si cet emploi temporaire ne me transcende pas, il est le motif d’un autre épanouissement personnel. Je ne regrette absolument pas de m’être investie auprès de mon bout de chou pendant ces deux années et demi, mais je n’ai pas la vocation à rester à la maison et à consacrer ma vie à organiser celle de mes enfants. J’ai souvent eu l’impression en devenant maman, que mon sort de personne à part entière, que mon avenir était déjà derrière moi, et que je passais le relais à ce petit bonhomme, nouvelle génération, espoir d’un autre monde. Pourtant, j’ai encore au fond de mon coeur, de ma tête l’impériale nécessité d’aller encore plus loin dans la réalisation de mes ambitions et de mes rêves.

Et finalement la vie se charge de me remettre sur les rails!

Ma mère travaillait et rentrait souvent du travail en toute fin d’après midi. Nous l’attendions, avec l’impatience de l’enfance, parfois l’angoisse qu’elle tarde. Mais jamais je ne lui en ai voulu d’être une femme formidablement investie dans son travail. Jamais je n’ai douté de son amour pour nous. Et elle est pour moi, et restera toujours un modèle féminin majeur, me poussant à envisager la vie avec des enfant ET un travail, et que les deux ne pouvaient se nuire. Elle m’ouvrait la voie du rêve d’une vie adulte riche.

Je ne ressens aucune culpabilité à repartir travailler, et à nouveau réinvestir ma vie professionnelle. Parce que je sais que j’ai fait mon travail de sécurisation affective auprès de mon bébé, et que maintenant, mon grand bonhomme peut vivre sa journée sans moi, tout en sachant que je l’aime et jamais je ne l’oublie, mais que je vis ma vis autant qu’il vit la sienne.

Je le libère, et j’aime ça.

Contribution express et perso pour les Vendredis Intellos.

 

Désordres, bazars et autres fouillis

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« Apprendre c’est mettre de l’ordre dans le désordre… mais pour mettre de l’ordre,il faut du désordre« 

Jolie pensée tirée du fameux bouquin d’Isabelle Filliozat « J’ai tout essayé« . Je vous présente la Famille Fouillis!

Album rafraîchissant, qui me parle!

La maison de mes parents ressemblait (et ressemble toujours peu ou prou) à celle de la Famille Fouillis, appellée par nos copain « la maison du bonheur ». Et c’est vrai qu’on y a été heureux. Chez mon père et ma mère, le bazar n’est pas un mot tabou : c’est un art de vivre, certes des plus incongrus… J’ai grandi avec mon frère et mes deux soeur dans ce monde chaleureux et insouciant où régnait de la loi de l’encombrement maximum.

J’ai beaucoup changé, surtout pour des raisons sociales : j’ai habité en colocation; il fallait bien que je me mette à astiquer, récurer, aspirer, laver, frotter, Et que ça brille!

Je reste cependant une bordélique qui range et qui fait des efforts quotidiens pour ne pas me laisser envahir par le chaos (faut dire, mon mec est aussi un accumulateur). Un vrai travail sur soi, une remise en question quotidienne, et le résultat est ce qu’il est, un appart vivant, mais où les objets ont une place.

je m’éloigne de l’enfance? Je vous saoule avec mes problèmes ménagers? NAN, restez lire la suite…

Mon expérience personnelle (et journalière) me pousse à envisager d’apprendre l’art du rangement à mon bouchon de 30 mois. Je ne suis pas, vous l’imaginez bien, une Ayatollah de l’intérieur design et épuré, mais j’invite comme le propose Isabelle (je l’appelle par son prénom maintenant) à « apprentissage progressif suivant les âges  » :

J'ai tout essayé

Elle précise  » Des études ont montré que les désordonné(e)s avaient quelques points de QI de plus que les autres! Sont-ils/elles devenus plus intelligent(e)s parce que désordonnées ou l’inverse? Toujours est-il que la corrélation est bien là et peu aider les parents à destresser. Avantage à la complexité! En effet les objets éparpillés fournissent des stimulations visuelles, le cerveau opère des liens pendant que le regard va de l’un à l’autre… les voit dessus, dessous, devant, derrière… » L’argument du QI… mais bon s’il peut faire lever le pied de certains parents avident d’ordre, pourquoi pas. Je trouve que l’intelligence sortie du CHAOS est un sujet philosophique interessant… Alors entre la famille fouillis et la photo de catalogue Habitat, je crois qu’il faut laisser aussi la vie s’installer dans nos salons… ici, naît la créativité.. Voilà mon article le plus fouillis pour les Vendredis Intellos!

 

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Le temps du soin

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« Il y a effectivement quelque chose de pathétique dans cette asymétrie fondamentale entre les enfants et ceux qui s’occupent d’eux. D’un point de vue objectif, les gens qui s’occupent d’enfants sont des gens ordinaires aux vies compliquées qui font du mieux qu’ils peuvent. Mais du point de vue de bébé, ces gens-là ont un pouvoir immense : la conception de l’amour et du soin à autrui qu’il se forge est entre les mains de quelques fragiles êtres humains.”
Je reprends l’extrait de Gopnik publié par KIKI la semaine dernière dans son article sur l’attachement du point de vue des enfants (à lire ici). J’y vois une belle introduction à mon thème de cette semaine autour du travail d’Emmi Pikler.

Je vous propose une découverte en deux temps : aujourd’hui je m’attacherais à vous parler des SOINS prodigués aux bébés et petits enfants au sein de son institut en Hongrie. Une autre semaine, je partagerai de ses découvertes sur le développement moteur des enfants.

Emmi Pikler est une pédiatre hongroise du 20ème siècle. Elle a élaboré tout un travail autour du développement des enfants, d’abord dans son cabinet à Budapest, puis dans un orphelinat appelé Loczy. Je vous invite à visiter le site de l’association Pikler-Loczy France où vous avez tout son parcours et son travail détaillé.

Dans l’extrait de Gopnik, l’amour et le soin paraissent intimement liés, indissociables de la relation entre les adultes et les enfants. C’est dans cette direction là qu’Emmi Pikler a organisé la vie et les soins dans son institut.

Elle a appris à des « nurses » l’importance de la relation et des interactions avec les enfants au cours de ces activités spécifiques que sont les soins.
« Elles leur enseignent les soins, et pas simplement les techniques, mais aussi comment les enfants, même les plus jeunes, doivent se sentir à l’aise pendant ces soins. Elles apprennent à ces jeunes filles une méthode précise et cohérente : comment il faut donner à manger aux enfants, changer leurs couches les baigner et les habiller -justement pour qu’elles ne soient pas obligées de se presser au cours de ces opérations, qu’elles puissent s’occuper d’eux avec tendresse, tout en prenant en considération leurs besoins individuels et en réagissant à leurs signes. Elles leur apprennent les gestes délicats et fins, en soulignant tout particulièrement le fait que l’enfant – quel que soit son âge – est sensible à tout ce qui lui arrive, qu’il sent, observe, enregistre et comprend les choses ou bien, avec le temps, les comprendra, à condition que la possibilité lui en soit donnée.
Elles leur apprennent aussi à observer les enfants, à essayer de comprendre ce que la position de leurs corps, leurs gestes et leurs voix expriment et à consacrer toujours assez de temps aux soins sans jamais se presser, à satisfaire leurs besoins selon les exigences de chacun. Elles leur apprennent encore que, pendant les soins, elles doivent parler, même aux nourrissons les plus jeunes, et que, par leurs paroles et leurs gestes, elles doivent leur avertir de tout ce qu’elles vont leur faire ou de tout ce qui va leur arriver ; qu’elles doivent faire attention à la manière dont l’enfant réagit à leurs paroles et à leurs gestes, qu’elles doivent lui donner la possibilité de participer par des gestes exprimant soit la collaboration soit la protestation, qu’elles doivent faire des efforts pour que l’enfant ait envie de faire ce qu’on attend de lui, sans le lui imposer. »

Il s’agit bien là d’interaction, de mettre en avant l’importance de la relation au moment critique et sensible où l’adulte et l’enfant sont obligés de se retrouver face à face. Le rôle de l’adulte est fait d’écoute de compréhension de l’enfant, dans sa qualité d’individu. Je trouve le contexte important : un institut ou orphelinat… un milieu donc « professionnel », où les adulte set les enfants sont étrangers les uns aux autres, où la figure parentale est absente. Cette méthodologie du soin a pour but de sécuriser l’enfant, par un contact attentif, chaleureux et respectueux avec l’adulte, par une routine quotidienne structurante et rassurante.
« La régularité du déroulement des journées scandées par un certain nombre d’événements prévisibles permet à chacun de s’orienter dans le temps, de pouvoir anticiper ce qui va se passer pour lui et d’être sûr de pouvoir compter sur l’adulte présent pour lui assurer la satisfaction de ses besoins corporels et être attentif à ses intérêts, à ses plaisirs, à ses désirs.
Cette stabilité est source, bien sûr, d’une grande sécurité, elle assure la place de l’enfant dans le groupe, mais elle favorise aussi sa prise de conscience de l’environnement et lui permet de se situer dans cet espace-temps. »

Cette méthodologie du soin, est toujours pratiquée à Loczy, comme le décrit le site internet :  »
« Au sein de ce cadre précis, les temps de soins (repas, change, toilette, coucher…) sont privilégiés comme moments individualisés de rencontres entre enfant et adulte sur lesquels s’étaie la création d’une relation intime et personnelle. Avec des gestes délicats et enveloppants – mais très codifiés afin de veiller à assurer son bien-être et sa détente corporelle et aussi d’assurer une continuité entre les quatre nurses, les adultes prennent soin de ce tout-petit, lui qui bénéficie là d’une expérience corporelle agréable et narcissisante. Ce soin est aussi une véritable rencontre au cours de laquelle non seulement l’adulte est ouverte à ce qui vient du bébé, à ce qu’il exprime, à ce qui lui fait plaisir ou au contraire provoque chez lui un désagrément ou une tension, mais aussi, elle cherche et attend sa coopération. Elle invite l’enfant à être un partenaire dans ce soin qui concerne son corps, elle sait déjà ce qu’il aime et essaie de le lui offrir, elle est attentive à ses nouveaux intérêts, elle donne un espace à ses initiatives, elle sollicite sa participation, attend et respecte sa capacité et son plaisir à faire par lui-même. Au sein de cette chorégraphie bien connue des deux, se déroule alors toute une « spirale interactive » au cours de laquelle l’enfant fait l’expérience de sa compétence et prend conscience de lui-même.
A travers ces temps de soins, enfant et adulte vont apprendre à se connaître, à s’écouter et à s’apprécier mutuellement. Il va se construire entre eux une relation affective qui assure au bébé qu’il peut compter sur l’attention et la disponibilité psychique d’un adulte qui veille sur lui, qui lui porte un intérêt personnel, prêt à accueillir ses demandes, ses émotions, sa vie pulsionnelle, et qui consolide par là-même le sentiment de sa propre valeur. »

Je vous laisse apprécier la qualité de cet échange. Je m’interroge sur sa prise en compte dans le relationnel mis en place dans les institutions de soin ici, en France, celles que nous sommes tous amenés à fréquenter : services hospitaliers, maternité…
Ce travail interroge aussi sur la véritable place de l’adulte auprès des enfants, des interactions nécessaires et celles qui ne le sont moins. Mais j’y reviendrais bientôt, avec la suite de la découverte du travail d’Emmi Pikler, pour une prochaine contribution aux Vendredis Intellos.