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La première goutte de lait et autres plaisirs minuscules

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Allaiter ! tout un programme dans un mot si doux !
Oui, parcequ’allaiter son enfant est quand même le parcours de la maman-combattante !

En théorie
Il était évident, naturel, normal que j’allaite mon bébé. Je ne crois même pas m’être posé la question, alors que je ne connaissais ni les tenants ni les aboutissants, ni les bienfaits ni les contraintes de cet acte.
Je me suis rendu compte au fil de mes découvertes qui rien n’était facile : comment ça marche ? comment faire ? et puis faire face aux préjugés… quoique de ce côté je n’ai pas eu de remarques négatives, et je crois que j’ai eu de la chance. Ma mère a allaité ses 4 enfants ; ma belle-mère aussi, autant qu’il était possible à l’époque.
Mais j’ai entendu « moi je n’allaiterai pas, je suis féministe et je veux rester libre »… ahaha ? aliénation, Simone ?
Ensuite, cours de préparation à l’accouchement, ou plutôt à l’accueil de bébé… là j’ai plongé dans la théorie de ce que pouvait être les différentes stratégies développées par le corps médical pour court-circuité toute velléité d’allaitement… mais aussi de la merveille du processus qui conduit le nouveau-né vers son graal : les tétons de sa maman !

J’ai compulsé le livre de du Dr Thirion… la Bible !
J’ai appris la position idéale du bébé pour éviter les crevasses, j’ai compris comment ça fonctionnait…
Vers le 8ème mois de grossesse, j’avais du collostrum qui perlais…
J’était super motivée et enthousiasme…

En pratique
Là commence vraiment le parcours de la combattante !
Mon ti-bout est né bleu, et en hypoglycémie… mais je ne l’ai pas su tout de suite… quand il est sorti de la couveuse, j’ai voulu laisser faire la nature, qu’il trouve seul, mais accompagné le chemin… ensuite j’ai fait face à une professionnelle qui a voulu me le mettre au sein de force, et n’étant pas dans une position confortable, je sentais mon enfant me glisser des bras, je l’ai rembarrée… avant de trouver, plus tard une autre pro qui m’a gentiment expliqué comment faire… et j’avais comme épée de Damoclès « si vous n’y arrivez pas, c’est le biberon !!! »
Plus tard, dans la nuit, comme mon fils pleurait « il a faim, il faut lui donner à manger » moi « je le mets au sein, il n’en veut pas, il a tété tout à l’heure, il ne pleure pas de faim » « si, il a faim sinon il ne pleurerait pas comme ça, et puis un biberon ça ne va pas mettre en danger votre allaitement » à 4h du mat, après dejà une nuit blanche, j’ai cédé… il n’a presque rien bu… et s’est endormi…

Premier choc : la montée de lait, WAOU ! les fontaines !
Second choc : être DISPONIBLE… et surtout quand il réclame toutes les heures parce qu’il est en croissance… l’impression de ne faire que ça…

Puis tout se régule, se met en place, avec des moments de jeu, de tendresse, de sommeil…
Malgré le papa qui a peur que son fils ne grandisse pas parce qu’il ne prendrait pas assez, parce qu’on ne maîtrise pas ce qu’il prend…
Très rapidement d’ailleurs, mon fils à dormi de 23h à 6h du mat’…

Et malgré le début de la diversification, je l’ai allaité le matin et le soir jusqu’à ses 9 mois.

Je suis fière de n’avoir pas cédé trop tôt au lobby du lait maternisé… fière d’avoir donné à mon fils de mon temps, de ma production, des éléments essentiels pour qu’il grandisse, fière du lien si étroit que j’ai pu tisser avec mon enfant. Il n’a fait sa première maladie infantile qu’a 8 mois…
Côté pratique : se balader avec bébé et avoir son repas à disposition sans sacs ni micro-onde… j’ai allaité dans une multitude de situations : au resto, en faisant les courses, en papotant avec une copine autour d’une bonne infusion, pendant une cérémonie de mariage, assise en tailleur dans une salle, sur une aire d’autoroute dans la voiture, en meeting politique, en me faisant masser ou épiler…
Et malgré l’allaitement, je reste féministe, et je revendique le droit à pouvoir allaiter ou non en toute liberté.
Il me paraît normal que les maternités expliquent, soient attentives au bon déroulement d’un allaitement, car je pense que la transmission ne se fait plus et qu’il est pas évident de trouver les bons gestes, de comprendre les bouleversement physiques, de les accepter… donner un biberon, c’est quand même bien plus simple !

Bibliographie : Dr Marie Thirion L’allaitement, de la naissance au sevrage, Albin Michel, 1999

Les astuces de Violaine
Boire beaucoup, se reposer beaucoup, avoir un bon coussin d’allaitement, apprendre les positions pour allaiter son bébé (mais ne retenir que les 2 ou 3 dans lesquels on est le plus à l’aise), s’écouter et écouter son bébé avant son entourage, dormir avec son enfant prés de soi (dans la même chambre)…
Et avoir beaucoup d’amour et de courage !

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