Dis-moi, quel papa es-tu?

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Dès que je lis quelques passages de ce bouquin, j’ai des trucs humides et salés qui coulent de mes yeux à mon coup. Expérience surréaliste? non, Je lis « Etre père, disent-ils ».
Je le trouve si juste et si humain. Et si bien écrit. Je ne saurais pas vraiment définir à la fin ce qu’est d’être père, si ce n’est de le demander aux principaux intéressés.
Leurs paroles me touchent, elles résonnent. Ce sont des témoignages sur une interrogation universelle : qu’est-ce être père ?

Je perçois l’impuissance de ses pères, leurs peurs profondes, leur admiration devant la beauté de l’enfance.

Jean-Yves Cendrey :
« Etre père, c’est une suite d’événements, petits et grands, dans la mémoire des lieux où ils se sont produits. Ce n’est jamais de la théorie. C’est de la pratique. Etre père ça ne s’explique pas, ça se raconte. »

Boualem Sandal :
« Et quand la douleur se faisait trop vive, je me disais dans un soupir que c’est cela d’être père, se poser des questions, s’inquiété et souffrir, rêver et se morfondre, et toujours, malgré tout, essayer de faire pour le mieux. »

Philippe Claudel :
« Te protéger toujours, ne jamais t’étouffer. Je ne sais pas si je parviens à trouver l’équilibre. Je ne sais pas si je suis un bon père. J’essaie. J’essaie de toutes mes forces. »

« Souvent, lorsque tu n’avais que quelques mois, il m’arrivait de me réveiller en pleine nuit, brutalement, car j’avais eu le cauchemar de ta jeune mort. Alors, je me levais le corps tramblant et trempé, laissant dans le lit ta maman, mon autre grand et bel amour, et à pas de loup, j’allais dans ta chambre, et plus je m’approchais de ton berceau, plus mon cœur ralentissait son rythme et je sentais tout mon être se glacer. J’entrais dans le grand hiver d’une vie sans toi. Ton visage était posé sur l’oreiller. Tes joues dessinaient de rondes et lilliputiennes collines et ta bouche de chair fragile à demi ouverte tétait l’obscur. Je n’osais pas tendre ma main vers toi. J’avais si peur de ma propre peur. (…) Tandis que lentement j’approchais de toi, et que soudain, oui soudain, je percevais le bruissement de ton souffle et qu’alors, comme une aile de papillon, je sentais ta vie palpiter tout autour de moi, emplir ta chambre et mon cœur, et ce cœur de nouveau battais avec violence dans ma carcasse. »

Thierry Consigny :
« Vivre c’est la moindre des choses pour un père. Renoncer est impensable. La nuit, vous m’êtes cela, le devoir de vivre. Mais le jour, comme ce matin sur mon vélo, le jour c’est une autre histoire. Le jour vous êtes la merveille, chaque fois surprenante, la merveille de vivre. »
« La paternité c’est être amoureux, amoureux à l’infini. »

Philippe Delerem :
« Je me garderai bien d’ériger en théorème toutes les manières de vivre que j’ai pu avoir à cette époque avec mon fils. Il y a des raisons objectives à ce sentiment aérien de presque perfection que j’ai eu l’impression de le tutoyer alors dans cet apprivoisement de l’existance. Ces raisons se résument à un tout petit mot, un pronom personnel de trois lettres : lui. Ce n’était pas n’importe quel enfant. »

Je me dis qu’être papa, c’est très très fort, aussi fort qu’être maman. Les sentiments sont les mêmes, ils transcendent le rôle.
Le rôle du père reste-t-il vraiment à définir. Peut-être est-il simplement multiple, complexe, aussi indéfinissable que celui de la mère, et tellement dépendant de la personnalité de chacun ? L’ouverture au monde extérieur, le rôle de séparateur ? Jamais je n’ai lu cela dans ce livre qui parle de l’intime.
Chaque auteur a inventé sa relation à ses enfants.
Comment être père ?Je ne le sais pas, moi, je suis maman ! Le mieux c’est de leur demander, à eux. Nous ne sommes que leurs spectatrices ; ils sont les nôtres.

Je vous donne un dernier extrait :

Jean-Yves Cendrey :
« Vous ne tombez jamais malade. Vous êtes trop content des mille choses à faire qui sont autant d’instants à vous. Vous avez en aversion ces pères qui le jour de la reprise des classes se croient drôles quand ils bougonnent : Merci l’école ! On va pouvoir revivre.
Vous, vos slogans sont restés les mêmes : Mort aux réveille-matin ! A bas l’ennui ! les cahiers au feu et les profs au milieu !
Et vos enfants rigolent, moquent vos tourments, eux qui y vont bravement à l’école. Ils n’en souffrent pas comme vous en souffrez pour eux, comme vous en avez souffert. (…)
Vous ce qui vous préoccupe avant tout, c’est de voir vos enfants réussir leurs exercices de liberté en appliquant la règle de la confiance, graduée par vos soins. Elle vous vaut une autorité de rêve. Vous n’avez guère à en faire autrement la démonstration que par une affectueuse vigilance.
Vous, à qui on n’avait appris que l’addition des coups et des humiliations, avez découvert la mathématique de la paternité légère.
Vous êtes père et n’êtes pas sérieux pour autant. Vous poursuivez vos enfantillages
. »

Deux articles amis, sur un livre sur la naissance vue par des écrivaines : chez Chocophile et chez Conseils Educatifs! Bonne lecture!

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À propos de muuuum

j'ai 35 ans et je suis la maman d'un petit garçon de 1 an. Je suis à la maison, par choix et par nécessité. je regarde grandir ce petit homme... nous avons, avec son papa, fait des choix autour d'une parentalité respectueuse de l'enfant, de l'humain et de la planète. Mais celà ne va pas sans interrogations, sans doutes, sans convictions aussi... témoignage de parents concernés...

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  1. Merci beaucoup de ton article… et aussi d’avoir accepté de parler de ce livre dont il a du t’être bien difficile de choisir des extraits!!!
    Le devenir père a été longtemps tant oublié que j’espère bien que les années qui viennent lui redonneront la place qu’il mérite pour être pensé!!
    A bientôt pour les débriefs!!

  2. Pingback: Naissances | Conseils educatifs

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