La vie arc-en-ciel

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Je devais envoyer cet article la semaine dernière, pour ma participation aux vendredis intellos, mais un souci technique m’a fait reporter cet envoi. Je pense qu’il aurait eu sa place aux côtés des trois autres articles traitant de la thématique du genre et du sexisme. Rien n’est perdu, il les complète! bonne lecture!

Moi, j’aime la vie arc-en-ciel, un peu comme Balthazar… Alors quand on restreint l’enfant à des couleurs strictes suivant son sexe, la vie devient bien triste. Comme l’ont relévé plusieurs mamans, femmes et participantes aux Vendredis Intellos (ici, ici et ici), on ne peut pas passer à côté de cette standardisation des genres. Par les vêtements, et beaucoup aussi grâce aux jeux. Nous mettons même inconsciemment une intention dans les jeux que nous offrons à nos enfants. Mais le marketing nous aide beaucoup…
Un jour que je flânais avec mes deux gars dans une librairie peu recommandable (mais formidable) de Bordeaux (La Mauvaise Réputation) suis tombée nez à nez sur ce bouquin, au titre clair comme un appel à la lutte « Contre les jouets sexistes »

Ce livre collectif apporte une analyse précise et claire sur ce phénomène de conditionnement des enfants à des tâches déterminées dans la société à travers les jeux, classés «fille» ou «garçon».
Je cède à la tentation de vous mettre un petit extrait qui fait écho à un article précédant :

« Rose bonbon, bleu ciel : dès la naissance , petites filles et petits garçons sont habillé-e-s de façon différente. Les enfants sont ainsi genrés très précocement, par les vêtements mais aussi par l’éducation qu’ils-elles reçoivent. En effet, avant même que les enfants n’aient conscience d’appartenir à tel ou tel sexe (ils et elles ne conçoivent pleinement la différence des sexes que vers l’âge de trois ans), une éducation différenciée leur est donnée.Il est vrai que rien ne vaut un conditionnement précoce pour qualifier ensuite de «naturel» certains comportements ou traits de caractère. »
« Certain-e-s légitimes l’usage des jouets sexistes en soulignant le fait que ‘les enfants sont libres de choisir’. Or les enfants choisissent leurs jouets d’abord pour se conformer au rôle que l’on attend d’eux-elles »

Il ne suffit pas de dénoncer, encore faut-il apporter des solutions ! Ce livre s’y emploi, donne des pistes, étayées de témoignages de professionnels, recense les actions menées par des associations… et propose une liste non exhaustive de livres à caractères non-sexistes.
Au delà de la lutte, cet ouvrage prône une éducation ouverte, riche et non-violente.
Finalement, les marketeurs ne font que ce que demande le marcher ; à nous parents d’emmener nos enfants vers d’autres jeux (comme ceux proposés ici, par exemple), pour construire une autre société dont ils sont les acteurs.

« Sensibiliser les enfants à la réalité du monde qui les entoure fait parti de l’éducation. En évoquant avec eux et elles le sexisme, il ne s’agit pas de les desespérer mais de leur offrir des outils de compréhension et de ressource pour lutter contre les discriminations. Comme l’explique la pédagogue Eveline Charmieux, « donner les règles d’un jeu social et le seul moyen de les faire évoluer . » Pour autant il n’est pas question de charger l’enfant d’une mission (féministe ou pas), mais plutôt de lui faire comprendre que, s’il le souhaite, il peut œuvrer pour modifier la société dans laquelle il vit. Comme l’écrit Denis Langlois, « il faut lui dire qu’il y a un plaisir, une satisfaction à agir, à se dépasser, à ne pas rester passif, à ne pas regarder le monde tourner autour de soi, à être en accord avec ce que l’on pense. » (ça vaut pour les enfants mais aussi pour leurs parents… NDLR) On le voit, on peut encourager les enfants à s’approprier différemment les jouets du commerce, préférer les jouets plus riches en potentiels ludiques ou en inventer d’autres. En tous les cas, on peut montrer aux enfants qu’il existe bien d’autres choses que les jouets ‘classiques’, et qu’il est légitime de contester les normes.»

mais au final, il y a ce que nous parents nous essayons de mettre en place, notre inconscient bien conditionné, et la famille. Il n’est pas forcément facile d’éviter les cadeaux de petites voitures, les garages etc… pour les petits garçons… entre la théorie et la pratique, un gouffre !

Ceci est ma deuxième contribution aux Vendredis Intellos.

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  1. Merci beaucoup de ta contribution!!!! Ne te désole pas qu’elle n’aie pas été intégrée dans le thème de la semaine dernière, les questions que tu soulèves sont récurrentes et il est aussi stimulant de les retrouver au fil des semaines…
    Personnellement, il est vrai que chez moi, la famille nombreuse apporte une résolution partielle de ces questions de jouets sexués ou non puisque les jouets sont à disposition de tous… Il n’en demeure pas moins que je suis très très loin d’y voir clair sur tout ça!!!
    A tout bientôt pour les débriefs!!

    • tout arrive à point à qui sait attendre!
      je pense que comme on est tous des êtres sociaux, on a beau lire et faire, des choses « passent » malgré nous! mais c’est aussi de la réflexion que née l’action.

  2. Une voisine m’a dit que Surprise était un « vrai petit mec » car il joue avec un tracteur… Moi qui pensait que c’était plus lié à son service trois pièces… (bon, elle a prêt de 80 ans, sans doute une différence de génération?)
    On a été effaré avec Phil de voir les couleurs des rayons dans un magasins du coin… Rose bonbon pour tout ce qui est poupée, barbies etc… Bleu profond pour les jeux de constructions, les petites voitures etc… Le conditionnement est vraiment partout. Pas facile de le déjouer à chaque fois.
    On essaie de faire au mieux. C’est déjà pas mal! ^^

    • j’essaie aussi de faire au mieux. Je constate aussi que les cadeaux pour lui se sont des voitures mais pas de poupée. C’est ancré bien profondément. finalement, au delà de la lutte contre le sexisme, je pense que l’important c’est l’enrichissement de la personnalité de chaque enfant dans le jeu sans préjuger. pas facile!

  3. Dur d’élever ses enfants sans sexisme !!!
    Ici P’tit Lutin peut jouer autant qu’il veux avec les poupées de sa soeur et inversement elle avec ses voitures, je m’en fou !!!
    Mais, c’est vrai que même sans le vouloir, on a parfois des réflexions style « ça c’est pour les filles  » ou « ça c’est pour les garçons » !!!
    Influence des parents mais aussi de la société ou aussi vrai différence psy et physique entre fille et garçon : car même si je n’ai jamais encourager à regarder tout ce qui à 4 roues, mon fils adore les camions, les tracteurs et autres, de même je ne suis pas très « fille » dans mon look et Mam’zelle, elle en ai une, qui aime le rose et les princesses !!!
    On devrait écouter les désirs des enfants pour leur jouet sans les influencer. Et puis ils aiment nous imiter et dans la vrai vie , les hommes font le ménage et la cuisine (bon pas tous mais certains) et les filles peuvent conduire des camions, se battre (bon ça c’est pas un exemple à suivre), donc laissons les garçons jouer à la poupée et les petites filles aux voitures !!!
    Autre interrogation : pourquoi cela gène moins de voir une fille jouer avec des jeux de garçon qu’un garçon jouer avec des jeux de filles ? Problème de virilité de la gente masculine qui se répercutent même sur l’avis des femmes !!!
    Bonne journée !!!

    • c’est ça, c’est la peur qu’un petit gars soit ou devienne « déviant » s’il joue à la poupée ou s’il préfère danser que conduire un tracteur, parce que l’homosexualité fait toujours aussi peur, particulièrement pour les garçons. mais si le sujet t’intéresse, la lecture de ce livre est chouette (em plus il se lit facilement, n’a pas de chapitres trop longs).

  4. Je suis la 1ère à être d’accord avec ce manifeste mais en même temps, comme tu le soulignes en conclusion, je suis quand même conditionnée. J’aurais du mal à offrir une poupée à mon fils (qui jouerait très certainement avec indifféremment au milieu de ses autres jouets), c’est plus fort que moi. J’y verrais plus une provocation ou un acte de bonne conscience plutôt qu’une ouverture au champ des possibles ! lol Bref, c’est compliqué. L’idéal, c’est d’avoir des enfants des deux sexes et que les jouets soient ainsi mélangés, laissant chacun aller vers ce qui lui plaît, sans considération de genre.

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